toit chaume artisan japon

Les toits de chaume au Japon

Lorsque l’on parle des toits de chaume au Japon, on pense systématiquement à Shirakawago à côté de Takayama dans la préfecture de Gifu. Hors les toits de chaume étaient courants dans tout le centre du Japon.

Ainsi par chez moi il n’est pas rare de voir des maisons au toit étrange : c’est en fait un toit de chaume zingué ou couvert par dessus. A quelques encablures de notre maison, nous avons la chance d’avoir un « vestige » laissé par une grand mère il y a quelques dizaines d’années et repris par la ville.

route campagne japon
Une association locale met en valeur le paysage rural du quartier labellisé le plus beau paysage agricole du Japon… Mais je crois que c’est un peu surcoté, surtout quand j’ai vu les photos des années 70 avec les « vraies » rizières en escalier qui suivaient le contour de la montagne. Un paysage plus organique qui a laissé sa place à des rectangles, plus pratiques pour les machines.

toit chaume japon shirakawago gifu

L’association qui gère la maison a fait appel à des artisans de Kyoto – un petit village proche de Kyoto Miyama-cho conserve en effet beaucoup de maisons en toit de chaume et quelques amateurs bénévoles dont un de Kobé. Par ailleurs, on peut y dormir ou la louer la bâtisse pour des événements, super irori à l’intérieur après une large doma. Une vraie minka ou « maison du peuple » qui se visite gratuitement quand elle est ouverte.

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Le toits de chaume – kaya – sont vraiment très performants mais nécessites une pause très particulière pour garantir une étanchéité. Heureusement, un regain d’intérêt chez les jeunes de 30-40 ans font que ce sont des artisans dans la pleine force de l’âge qui interviennent – et non des petits vieux comme c’est souvent le cas pour des techniques anciennes ou peu usitées (tsuchikabe par ex).

maison japonaise traditionnelle toit de chaume

Le matériau utilisé est du susuki, Miscanthus sinensis, que l’on retrouve en Europe dans les jardins comme plante d’ornement. Il lui faut en effet de l’humidité et de la chaleur en été pour bien croître, comme au Japon. Dans le cas de cette maison, il a été amassé sur plusieurs années et provient exclusivement du quartier. Notez l’échafaudage en bois et bambou, et surtout la couleur noire derrière le treillis du toit : l’irori débouche directement sous le toit, après le plafond. La couche de suie protège de rongeurs, mais aussi des insectes. Sur chaque côté (à droite et à gauche sur la photo) sont aménagées des sorties grillagées, pour empêcher l’installation des chauves souris et oiseaux vu l’occupation épisodique.

Contrairement au toit de tuile, ce genre de toit offre une bonne isolation thermique, appréciable au pied des Alpes japonaises. Le toit est renouvelé entièrement tous les 50 ans – pour le coup se fut la première fois depuis que la ville a acquis les lieux. Des visites ponctuelles sont effectuées chaque année pour vérifier l’état – environ tous les 3 ans certaines parties, attaquées par l’humidité sont remplacées.

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