Comment reconnaître un bon katana japonais ?

Le vrai katana japonais est le sabre le plus célèbre au monde. En raison de sa popularité, tous les sabres japonais sont confondus au Katana. Sa popularité a également donné lieu à de nombreuses imitations et contrefaçons sur le marché. Reconnaître le bon katana japonais peut alors s’avérer très difficile.

Un katana est composé d’une lame et d’une manche. Dans la culture japonaise, ces deux éléments doivent avoir des caractéristiques bien précises. Comment reconnaître un bon katana japonais ? La réponse dans la suite de cet article

Deux épées japonaises appelées KATANA.

Les caractéristiques de la lame

La lame doit être réalisée avec des matériaux répondant à un niveau d’exigence élevé. De plus, elle doit posséder des caractéristiques spécifiques.

Le triptyque des lames japonaises : Katana, wakizashi et tanto

La qualité et le type d’acier

La qualité de l’acier est le premier critère qui permet de définir un bon katana japonais. En effet, l’acier représente l’élément de base dans le processus de production du Katana. La teneur en carbone de l’acier doit nécessairement varier entre 0,45 % et 0,95 % pour fabriquer un bon katana. Cette condition permet d’avoir un katana d’une dureté très élevée, sans fragilité et qui ne s’use pas dans le temps. En dessous de cette marge, le katana est de mauvaise qualité.

Plus la quantité de carbone est élevée, plus l’acier est meilleur et par conséquent le katana est de très haute qualité. C’est pourquoi le Tamahagane, l’acier Damas et l’acier 1095 sont les meilleurs choix. Ils permettent d’obtenir des teneurs en carbone allant de 1,2 % à 2 %. Cependant, il existe des alternatives comme l’acier inoxydable.

Cette matière doit contenir au minimum 10 % de chrome et une teneur minimale en carbone de 0,45 %. Enfin, il faut se renseigner et prêter une attention particulière au processus de trempe de la lame.

La longueur de la lame, le Hamon et la Gorge

Le poids d’un bon katana varie entre 800 et 1 000 grammes. La lame doit mesurer en moyenne 60 cm. Toutefois, ce critère est variable. Il est courant de retrouver un katana japonais de bonne qualité avec une lame mesurant jusqu’à 84,8 cm et un poids atteignant 1300 grammes.

Le Hamon est une particularité d’un bon katana japonais. Il rend la lame plus dure et plus tranchante. C’est une traînée ondulée qui résulte de la trempe. Le Hamon doit dessiner des lignes droites ou plus ou moins régulières le long de la lame. La Gorge quant à elle est un trou qui permet d’alléger la lame.

Les caractéristiques du manche

katana et son fourreau

Tout comme la lame, la manche d’un bon katana japonais doit répondre à certains critères.

La garde ou la Tsuba

La Tsuba est l’élément principal de la manche. Il assure une fonction protectrice des mains et participe à l’équilibre du katana. Il est fondamental qu’elle soit en fer ou en acier. Les caractéristiques (épaisseur, dimensions et forme) sont propres aux écoles de fabrications.

Le type de bois et son recouvrement

La manche d’un bon katana japonais doit être à base d’un matériau très spécifique appelé bois de magnolia. Il est recouvert d’un Tsuka-Ito (tressage de manière très ferme) à base d’un coton de bonne qualité ou à base de soie. Le Tsuka (matière blanche en dessous du Tsuka-Ito) est nécessairement fait avec la peau de raie ou de requin.

Un coton de bonne qualité doit brûler lentement avec un dépôt de cendre et une odeur de cheveux brûlés. Il est important que le fourreau du katana soit à base de bois de magnolia. La qualité et les caractéristiques de la lame et de la manche sont les principaux éléments à prendre en compte pour reconnaître un bon katana japonais. Pour finir, le choix du katana dépend de l’usage que vous comptez en faire.

Fans de katana : imaginez la vie sans rien pour couper

La région qui m’accueille recèle de bonnes choses. Mais avant de faire dans le gastronomique, parlons du « monozukuri » ou fabrication de trucs, principale occupation des japonais. Il faut dire que contrairement à nous, ils valorisent les outils manuels qui nécessitent l’intervention de l’homme, plus que celle des machines (même si ils ne sont pas contre 2-3 robots Gundam) .

Seki, la ville la plus tranchante du monde !

Un peu plus vers la « civilisation », entre Nagoya et Gifu-city, se trouve la ville de Seki, capitale des choses à lame ou « hamono » 刃物 : ciseaux, outillages coupant, sabres traditionnels « katana » ou « tanto », couteaux de cuisine (utilisés par les grands chefs) … Bref si vous voulez couper un truc mieux vaut demander à une des nombreuses « boutiques » artisanales ou industrielles qui possèdent un savoir faire inégalé. Gardez votre Laguiole pour le fromage…

forgeron japonais
Un forgeron japonais en habit « shinto » : il enferme par son geste des kamis dans la lame (il n’est pas en pyjama)

hamono matsuri seki festival de forge traditionnelle
Forgeage traditionnel lors du Hamono Matsuri (Festival des coupe-coupes) en Octobre à Seki

Seki c’est aussi le « temple » rugbystique local avec son lycée qui écrase quasi-régulièrement la compétition régionale avant de se faire balayer au niveau national – faute de renouvellement des pratiques d’entrainement ancestrales faites de courses à n’en plus finir. Essayez de leur expliquer qu’aucun marathonien n’a jamais pu faire carrière au rugby.

Bref je m’égare, le sujet n’est pas le ballon ovale mais la lame affûtée qui en son temps servait plus à trancher des têtes qu’à couper du saucisson.

katana made in seki
Exemples de katanas forgés traditionnellement

Et comme je le disais, la campagne commence là où le reste s’arrête : même si le sujet des belles lames – et surtout le katana – réuni toujours des passionnés, pas évident de mobiliser le japonais moyen autour de la sauvegarde du patrimoine immatériel. Et là les gens de Seki (cé-qui) ont réussi leur coup avec cette vidéo bien marrante : imaginez une vie sans objets tranchant !

関市PRムービー「もしものハナシ」

Derrière la campagne de crowdfunding pour restaurer une lame vieille de plusieurs centaines d’années a réuni 300 000 euros, soit 670 % le montant initial demandé ! Coup de maître.