Projets d’aménagement

Je vous avez parlé du projet si j’avais une yama. En fait nous avons – enfin la famille de mon épouse – un peu de terrain. Je m’occupe d’une partie et le beau père de l’autre.

Qu’est ce qu’une maison japonaise traditionnelle ?

La maison traditionnelle japonaise à la campagne n’est pas juste un bâtiment au toit de chaume avec un joli irori 囲炉裏 ou foyer central traditionnel et une entrée en terre battue où l’on tressait la paille de riz l’hiver.

Outre le kura 蔵 ou grenier-grange aux épais murs blancs, les maisons comprenaient 小屋 koya où étaient parqués les cochons et poulets, hanare 離れ qui est un annexe ou encore 漬物小屋 tsukemonogoya  pour laisser les « tsukemono » et l’ « umeshu » se faire. Les toilettes étaient séparées de la maison, un trou bien souvent. La cuisine et le bain pouvait aussi être séparés de la bâtisse principale pour éviter les feux. Bien entendu il existe plein de configurations différentes selon les moyens, le métier et le terrain des propriétaires …

Si j’y pense je prendrai en photo des vieux bâtiments (toilettes, koya) qui restent debout dans le coin.

❄ Chez moi ❄

Bref ma maison est un hanare accolé à la tsukemonogoya, lui même accolé au kura (réformé). Elle n’a rien de la maison japonaise traditionnelle, hormis l’entrée pour les chaussures et les toilettes avec le jet d’eau – OBLIGATOIRE. La décoration japonaise à la campagne est relativement fonctionnelle :mobilier pour kimono et habits, bouquets de fleurs, poutres décorées, hôtel bouddhique pour les anciens, un vase et un kakimono pour les plus riches. Le bois domine dans toutes les maisons anciennes. D’ailleurs il est possible de dégoter des maisons japonaises à vendre pour quelques dizaines milliers d’euros (prévoir un peu d’huile de coude pour les travaux), parfois même avec du terrain à la campagne.

Nous rien de tout ça vu que c’est sur un hanare d’après guerre (construit à l’arrache) démoli qu’elle se dresse. Malgré sa petit surface, la hauteur sous toit est assez importante. La plupart des maisons japonaises sont mal isolées : un petit bout de laine de verre, des fenêtres en alu… Certains vous diront que c’est exprès car l’été l’air circule, mais je ne suis vraiment pas sûr de cette théorie.

D’ailleurs le Japon vient d’adopter les normes allemandes de performance énergétique … d’il y a 20 ans ! Nous avons de la chance avec de la mousse polyuréthane en guise d’isolant et des fenêtres pvc, mais la hauteur sous plafond et la porte d’entrée en alu fait que l’on se les gèle un poil quand même. Nous avions prévu l’espace pour mettre un petit poil. Mais la chaleur produite est relativement agressive. D’où l’idée du poêle de masse !

Le poêle de masse c’est fantastique

Contrairement au poêle en fonte qui restitue directement sa chaleur, le poêle de masse à une action chauffante plus longue et douce dans le temps grâce à son inertie. L’inconvénient c’est son encombrement… Mais c’était sans compter sur la magie du net et de l’Association Oxalis en Savoie. Si leurs diots, fromages et vins blancs sont délicieux, je pense que leurs poêles de masse mériteraient d’être connus (allez dans partie réalisation).

Bref pas possible chez moi d’avoir une de ses énormes maçonneries… Et là apparaît Qub ! Avec son encombrement de 95 x 85 x 75 cm, il rentre pile poil dans l’espace prévu à cet effet. Son poids de 400 kg bien réparti est supportable par la structure – au Japon le vide sanitaire est toujours présent, il faut bien y penser. L’apport d’air pourra se faire par en dessous, sympa.

Mais pour m’exercer à la maçonnerie, je me verrais bien tenter de construire un four à pain – là encore il va falloir que je regarde les fondations, sinon il va s’enfoncer.

Potager : projet 1
Four à pain : projet 2
Poêle de Masse Qub : projet 3

Mais le plus important c’est le potager. En face de chez moi, juste à 10 m du puits qui alimente le bain des beaux parents (dans lequel mes enfants entrent), le groupement local agricole fait pousser du soja. Et que je te mets des herbicides, et que je te balance des engrais… Bref je souhaite tester la technique agriculturale simplifié ou d’abord les bois raméaux fragmentés pour éviter d’en mettre trop et de leur montrer que c’est possible de faire pousser sans « violer » la terre avec un tracteur, sans beaucoup d’ entrant chimique … bref laisser bosser la Nature (et les bestioles). Vu que c’est la mi Février, il ne faut pas trop trainer.

J’ai déjà coupé des rameaux, commencé à les fendre / broyer à la mano, putain c’est méga long. Alors j’ai lu sur ce très bon forum sur le BRF que le faire au sécateur détend, mais moi ça me gonfle – et les petits piaffent « papa tu viens jouer ou pas ? », donc … J’ai attaqué à la machette, je vais sortir le marteau pour accélérer le truc.

Il faut aussi que je regarde la mise en oeuvre et que je l’adapte aux conditions locales à savoir :

  • j’ai de la balle de riz et des tatamis
  • j’ai pas trop d’arbres mais un bosquet pas trop loin avec des résineux (cette saloperie de sugi qui donne des allergies)

En tout cas le concept me plaît et évitera d’envoyer au feu toute cette matière naturelle… Le campagnard japonais aime brûler tout et n’importe quoi d’ailleurs.

Plan du potager

Il me reste des graines de mâches, de melons et de chicorée venus de France à replanter (puis laisser quelques uns monter en graines pour l’année prochaine). J’ai passé une commande à une association de sauvegarde de graines, mais la commande est pour le moment bloquée à la douane (certification phytosanitaire). Je les ai contacté pour qu’il me fasse passer le papier en pdf (j’espère qu’ils l’ont !)

Je vais avoir du gazon à planter, des petits arbustes fruitiers, et d’autres légumes… En pensant à ce que j’ai déjà planté au même endroit. Du boulot mais sympa !
Le petits fruitiers plantés près de la future pelouse : groseilliers, framboisiers, un petit prunier (je ne sais plus le nom) aux fruits rouges.

J’ai commandé des graines de variétés rustiques et anciennes chez l’association Kokopelli , qui ont été bloquées à la douane. En fait, pour importer des graines, il faut que l’expéditeur vous fournisse le « phytosanitary certificate » ou certificat phytosanitaire afin de prouver qu’il n’y a pas de bactéries et autres éléments susceptibles de contaminer le sol. Ainsi les autorités ont détruits les graines de carottes multicolores sur ce motif (graines de carottes de France = danger).

Les douanes vous laissent une chance : un courier glissé dans la paquet m’indique que faute de pouvoir fournir le certificat le prochain paquet sera détruit.

Pourquoi j’ai fait venir des graines ?

En fait beaucoup de variétés vendues au Japon sont des hybrides : vous ne pouvez pas vraiment récupérer les graines pour la saison suivante (cela donnera des plants sans vigueur et moins productifs). Outre le fait de participer au projet de l’association qui vise à l’indépendance des semences et la préservation de variétés anciennes de part le monde, je voulais éviter de racheter chaque année des graines et faire profiter mes amis de ces variétés anciennes de légumes.

potager maison japonaise

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