toso sake iwamura

Le Jour de l’An à la Campagne

Tout d’abord bonne année 2016 – un peu en retard. Je voulais écrire ce billet rapidement mais je n’ai pas su trouver le bon moment. Réveillonner au Japon est quelque chose de spécial, profondément spirituel – si on joue le jeu et qu’on va pas se coucher à 22h.

Le Jour de l’An ou 正月 shôgatsu est la fête la plus importante au Japon et dans de nombreux pays asiatiques en général. C’est un moment familial, le seul jour où le monde éthéré rencontre le monde matériel. L’origine commune de cette célébration est bien entendu la Chine Ancienne. Le syncrétisme (mot compliqué sur lequel on reviendra ci-dessous)  japonais a fait le reste en associant les croyances et pratiques locales.

année du singe 2016
Année de Georges le Singe. Bonne Année 2016

L’Origine des Célébrations du shôgatsu

Lorsqu’on parle de célébrations, celles-ci comprennent plusieurs éléments dont le fameux plat dégusté le premier jour de l’année, l’osechi お節. En observant l’origine de ce mot, on remarque que sechie 節会 qui correspond aux 5 fêtes traditionnelles qui rythmaient l’ensemble du monde sinisé ou sous influence culturelle de l’Empire du Milieu – longtemps plus grande puissance mondiale -, du Cambodge à la Corée en passant par le Japon. Si le Japon est passé au calendrier grégorien de façon radicale, les autres pays comme le Viêt-Nam ou en Chine, continuent d’utiliser le calendrier lunaire pour fixer les dates de ces célébrations.

D’ailleurs si vous êtes au Japon, demandez un calendrier à votre JA local qui vous fournira un calendrier avec triple datation : jours grégorien, jours lunaires et rokkuyô 六曜 pour savoir quels seront les bons ou mauvais jours (série de 6 jours calculés selon le calendrier chinois).

Nous retrouvons les célébrations codifiés pendant l’époque Nara :

  • 01/01 :
    le Jour de l’An qui correspond à l’ancien 元日節会ganjitsunosechie
  • 07/01 :
    七草がゆ  nanakusagayu dont la tradition est de manger 7 sortes d’herbes ou légumes à feuille différents. Il correspond au traditionnel 白馬節会 aoumanosechie , tradition reprise et adaptée au Japon sous l’Empereur Daigo qui devait sacrément s’emmerder entre nous (pas de guerre, sous la coupe des Fujiwara).
  • 16/01 :
    踏歌節会 tôkanosechie qui ne correspond à rien que je connaisse de nos jours. Hommes et femmes exécutaient dans la période Heian des danses où le sol est frappé des pieds.
  • 03/03 :
    雛祭り hinamatsuri qui est une fête importante dans notre village, qui fut rappelons le gouvernait par une châtelaine avant la fin de ses heures de gloire. De nos jours, enfants et adultes fabriquent des poupées à l’effigie de l’empereur, de sa famille et de sa cour du temps de la période Heian. La disposition des poupées varient d’une région à l’autre – Kantô vs Kansaï – mais l’origine reste la même. Les poupées sont sensées contenir les mauvais esprits, c’est pour cela qu’elles ne sont pratiquement jamais ressorties dans l’année et qu’elles sont immédiatement enlevées après la fête. J’y reviendrai dessus car cette fête est aussi le Jour des Filles.
    Dans l’ancien temps, les poupées étaient mises sur une embarcation de paille et embarquaient pour une croisière fluviale sans retour, le 雛流し hinanashi : le but était d’évacuer les mauvais esprits. Le nom originel 上巳節会 jôshinosechie fait référence à la célébration chinoise qui implique les pratiques de purification comme le misogi et le harae. Au Japon ce jour fut célébré de façon différente.
  • 05/05 :
    端午節会 tangonosechie n’est pas la fête du tango. De nos jours connu sous le nom de こどの日 kodomonohi ou Jour des Enfants c’est un jour férié qui fait partie de la fameuse Golden Week. Ce sont généralement les petits garçons qui sont célébrés en attachant des bannières flottantes en forme de carpes ou koinobori こいのぼり.
  • 07/07 :
    相撲節会 sumahinosechie ou jour de fête des Sumos 相撲. Cette célébration correspond de nos jours au tanabata ou shichiseki 七夕, observée comme la fête des étoiles depuis l’ère Tenpyô. Les japonais aiment à revêtir le yukata 浴衣 ou le jinbei 甚平 dans la douceur humide des soirées d’été.
  • 09/09 :
    重陽節会 chôyônosechi ou fête de Chrysanthème, en japonais 菊の花 kikunohana – un des symboles impériaux. Le thé à la chrysanthème ou l’alcool de chrysanthème étaient dégustés ce jour là.
  • En Novembre existait 豊明節会 toyoakarinosechi , si j’ai bien compris, un banquet organisé par l’Empereur le jour du Dragon après la fête
  • 釈奠 sekiten une fête confucéenne.
    La plupart des écoles avant la restauration Meiji était basée sur les idées de Confucius ou Kôshi 孔子 – le plus grand penseur de tous les temps si vous voulez mon avis pas éclairé.
  • 盂蘭盆会 urabone dont le nom dérive du sanskrit ullambana. 
    Cérémonie bouddhique par excellence, est le festival dédié aux fantômes et aux ancêtres. De nos jours le obon お盆 est synonyme au Japon de vacances d’été (par 3 semaines attention, quelques jours) et de retour aux sources. L’image d’Épinal est très présente dans les pubs juste avant cette période : elles dépeignent les urbains qui reviennent dans la maison familiale, la marmaille heureuse de revoir papy et mamie, une bière dans une main et une pince à barbecue de l’autre. Offrande, feux (cf le grand Daï sur la colline de Kyoto ou les feux d’artifices) et danses rythment l’obon.

Ces célébration ou sechie sont ensuite regroupées dans l’ère Heian en 五節会 gosechie, soit 5 jours de fêtes majeures. Elles sont aussi connus comme jours sacrés ou sekku 節句 ou 五節句 gosekku (5 festivals) sous l’ère Edo. Ces fêtes, outre le maquillage religieux Shinto ou bouddhique, marquent avant tout les événements saisonniers et agricoles majeurs de la région, comme l’arrivée de la période des pluies (5/5) ou les moissons (9/9).

Le syncrétisme c’est la capacité de marier ensemble des influences culturelles très différentes. Comme vous pouvez le voir les Japonais ont depuis toujours pratiqué la chose, non sans heurt. Le confucianisme, le bouddhisme puis le christianisme se sont ainsi naturellement mélangés jusqu’à ce que dernier devienne gênant politiquement. Si les chrétiens parlent de « persécution » il faut remettre les choses dans leur contexte, on est plus dans le cadre d’un problème de politique intérieure puisque les populations converties par les jésuites étaient avant tout pauvres :

  • les paysans proches de la famille s’étant rebellés contre la hausse des taxes qui devaient servir à la construction du Château de Shimabara dans Kyushu dans une période de stabilité (1637-1638)
  • les catholiques Portugais n’étaient plus le bienvenus, le Shogunat faisant désormais confiance aux protestants Hollandais pour les relations extérieures avec l’Europe dans la période dite sakoku (pays fermé ou isolé)
  • pratique tolérée par les seigneurs locaux qui étaient regardés avec méfiance par le Shogunat car ils avaient tardé à accepter sa domination (victoire de Sekigahara 1600). D’ailleurs leur leaders Arima et Konishi avaient été décapités ou exécutés quelques années après: le premier, partisan de Tokugawa, chrétien par nécessité puisqu’ils les persécutaient avant de faire appel aux portugais pour l’aider puis puni pour des manœuvres pas très catholiques et le second soutien d’Hideyoshi, et opposé à Tokugawa.

Le christianisme a quand même perduré caché et déguisé, à la différence du bouddhisme qui n’a pas chuté après son affaiblissement lors de la période Sengoku (il était une puissance majeure et les temples levaient leur propre armée), puis face à la domination du Shinto et du Néo-Confucianisme. Il n’en reste pas moins que le japonais moyen ne sait pas parfois si c’est bouddhique, shinto ou confucéen … du moment qu’il a son gri-gri protecteur il est content. Un sacré business je vous le dis.

Désolé pour cette longue aparté, mais j’aime bien expliquer. Revenons à notre jour de l’An Japonais.

jinja
Au jinja – lieu de culte shinto – local on prend soin des esprits

La Visite des Esprits

Quand vous décidez de rencontrer ou voir quelqu’un, qu’est ce que vous faites ? Quelques verres et une bonne bouffe ? Et bien c’est exactement pareil pour les Dieux et Esprits – kami – des Anciens, ancrés dans les croyances rurales. Les Toshigami 年神 viennent donc dans notre monde partagé un repas confectionné en leur honneur.

En fait, nous les appelons afin de leur demander protection, santé, et bonnes récoltes pour l’année à venir. Les familles se réunissent ainsi sur la terre de leurs ancêtres (les fameux anciens) et préparent à l’avance l’osechi qui sera mangé le 1er jour de l’année tous ensemble en leur honneur.

Mais avant cela il existe tout un cérémonial pour préparer leur venue.

Préparatifs

  • le tokokazari 床飾り :

Le tokonoma 床の間, alcôve traditionnelle dans la pièce principale japonaise est parée de décorations. On y retrouve en général un kakemono dépeignant une scène classique (Mont Fuji par exemple) et yanagishidare 柳しだれ, quelques rameaux disposés dans un vase de bambou, accroché au mur en général, pour évoquer le saule pleureur (yanagi) qui protège le chemin des esprits des éléments. On peut comme dans photo remplacer les branches naturelles par un mochibana 餅花 qui évoque le prunier en fleur – les petits mochis colorés  – arbre du triptyque sacré prunier – bambou – pin. Il est possible dans apercevoir devant les maisons

Tokokazari mochibana
Tokokazari
  • le kagamimochi 鏡餅 :

Le kagamimochi est souvent simplifié : deux mochis superposés et une clémentine voir quelques feuilles vertes font l’affaire. Mais en réalité c’est une tradition très codifiée ! La photo ci-dessous offre un bel exemple.

kagami signifie « miroir » en japonais et ce n’est pas un hasard. En effet pour les japonais le miroir est la porte entre notre monde et les esprits – tout le monde n’avait sans doute pas de miroir dans l’ancien temps et ça devait faire peur de voir son reflet : « ahhhh un monstre ! » s’exclama un pécore perclus de plaque de crasse et de gale, histoire vite récupérée par un zélote guru local sûrement « mais c’est un esprit que tu as vu ! ».

Enfin bref, les kamis viennent par là et donc il ne faut pas cuisiner quand ils sont dans notre monde pour ne pas les déranger (d’où le repas froid du 1er).

Le socle :

mikadon 三方盆 : les 3 plats des esprits, fabriqué en hinoki ou cyprès japonais. Un petit bol de riz est posé sur chaque assiette.

kôhaku-kaishi 紅白懐紙 : papier japonais rouge et blanc en guise décoration (généralement déployé en éventail si pas sur le socle). Le blanc et rouge sont les couleurs sacrés du Shinto (d’où le drapeau).

tenjokonbu 天上昆布 et jinbasô 神葉草 : les feuilles d’algues konbu et d’algues cuisinés (jinbasô) sont placées sous les mochis.

urajiro 裏白 :  4 branches de fougère urajiro sont disposées en croix (cf. ci-dessous). Cette fougère à la particularité d’être bicolore, puisque l’envers des feuilles est blanchâtre. Elle représente les cheveux qui passent du noir au blanc lorsque l’on vieillit. Comme les vieilles feuilles ne tombent pas et que des nouvelles pousses apparaissent, c’est un symbole familial très puissant. D’autre part la distribution presque parfaite des feuilles de chaque côté d’un rameau est également un symbole d’équilibre du couple marié.

Les mochis :

Traditionnellement 2 mochis de 3升 (3 shô = 4,5 kg) et 2升 (3 kg) sont utilisés pour la confection du kagamimochi. C’est un signe de force 1/ parce que c’est lourd et  2/parce que pour faire du mochi on le pilonne traditionnellement avec un marteau en bois dans un creuset en bois qui pèse un peu – et il faut pas trainer car comme on dit, « il faut battre le mochi tant qu’il est encore chaud – et humide » (il durcit, colle et c’est impossible). Autant vous dire que ça fait transpirer.

mochi zukuri mochi fabrication
Heureusement que ta maman t’aide petit bonhomme ! Allez tapes !

Décorations :

yuzuriha ゆずり葉 : les branches ou feuilles sont placés sur le second mochi. Lorsque les nouvelles feuilles arrivent, les anciennes tombent. C’est le signe du renouvellement générationnel ou de la famille, un bon signe pour la relation parents – enfants.

ise-ebi 伊勢海老 : la langouste d’Ise est attaché au second mochi avec des fils d’or et d’argent, signes de bonne fortune à venir.

kinshiofuki 金汐吹き et ginshiofuki 銀汐吹き : à gauche  de la crevette géante le  kinshiofuki  (or) et à droite le ginshiofuki (argent). Ce sont des préparations cuisinés d’algues (konbu) aux couleurs différentes.

kotobuki 寿 : l’éventail kotobuki est placé, déployés, derrière les mochis ou à son sommet.

daidai 橙 : la daidai, sorte de clémentine (qui a donné le nom à la couleur daidai-iro), avec quelques feuilles est placée au sommet du second mochi, généralement sur un papier rouge et blanc kôhaku-mizuhiki 紅白水引. La daidai est connue pour rester sur l’arbre pendant 4-5 ans sans tomber. Le fruit d’ailleurs redevient vert chaque été. La symbolique est double avec la longévité d’une part et la famille d’autre part, puisque le fruit reste sur l’arbre malgré l’apparition de nouveaux sur le même arbre.

takarabukuro 宝袋 : le littéralement « sac au trésor » est un petit sac richement décoré noué par des cordelettes rouges. C’est est aussi une préparation culinaire souvent servie en oden. Une enveloppe de tofu frite fermée par un nœud renferme un mochi. Signe de richesse.

 

kagamimochi
Le vrai kagamimochi : autre chose qu’une clémentine sur deux boules de mochi (riz gluant pétri)
  • le kadomatsu 門松

Une composition florale placée à l’entrée des maisons ou dans l’attique (玄関 genkan), avec des bambous de différentes tailles , un rameau de pin ou autre résineux. On y ajoute souvent des mochibana en déco. Il est sensé abriter les kami pendant la période des fêtes ou les ancêtres qui n’ont pas pu arriver à l’heure. Chez nous on le brûle ensuite pour cuire des mochi, ce plat s’appelle le dondoyaki.

kadomatsu jinja
Kadomatsu devant le jinja à côté de la maison

 

Une fois que vous avez fini, passez en cuisine pour l’osechi.

Osechi

L’osechi seul n’a pas trop de sens, si ce n’est de vous épargner de cuisiner le 1er – car c’était interdit de faire la cuisine pour ne pas déranger les kamis.

Suivant les régions, la veille vous avez sûrement dégusté les toshikoshi soba 年越し蕎麦 ou mangé de la yamaimo 山芋 râpée en tororo. Le jour de l’an, bien que des différences régionales existent, c’est un peu moins free-style.

Les accompagnements

Il est accompagné du toso 屠蘇, sorte de saké médicinale à base de plantes (pas bon quoi). Vous pouvez le remplacer par n’importe quel autre alcool mais TOUT le monde doit en boire une goutte le matin du 1er – des petits enfants aux mourants – fain de se purifier le corps et l’esprit, prévenir les maladies.

toso sake iwamura
C’est pas vraiment du toso mais du sake « Lady of the Castle » produit au village et mis à dispo des fidèles

Bref traditionnellement le service est très codifié et se fait avec des accessoires laqués de rouge.

service toso laque rouge japonaise
Service japonais ritualisé sous l’ère Heian

Le toso nous provient des Chine et plus particulièrement de l’époque des 3 Royaumes. Un fameux expert médical de l’époque Hua Tuo conçut un breuvage à base d’herbes médicinales, qui peut rappeler la Chartreuse. Il utilisa du poivre du Sichuan, platycodon (kikyô), cannelle chinoise, panais chinois, etc et plaça l’ensemble dans un sac de soie rouge, puis le laissa infuser dans de l’alcool.

Le zôni 雑煮 soupe claire, très diététique, à base de légumes locaux, de plantes ou champignons des environs. Il faut utiliser ce que la terre des ancêtres a donné. Le bouillon est généralement à base de konbu dashi 鰹昆布出汁 ou consommé d’algue.

La table est dressée de façon très spécifique si on le fait à la traditionnelle :

table du jour de l'an japon

Je ne rentre pas trop dans les détails, mais la couverture est à l’origine fabriquée avec une fibre elle même utilisée auparavant dans les moustiquaires. Elle offrait une protection au froid et aux insectes éventuels.

Une fois que le zôni et le toso sont servis on passe à l’osechi.

L’osechi le plat des dieux

osechi shogatsu nouvel an japonais
Un osechi sandanjû : notez l’harmonie des couleurs, la variété des mets (+ de 20 en général)

L’osechi est servi rituellement en restaurant (ou si vous l’achetez là où je bosse congelé) dans des jûbako 重箱. Il peut y en avoir 1, 2 ou 3 superposés : ichidanjû 一段重 nidanjû 二段重 sandanjû 三段重. Plus y en a et plus c’est cher, vous pouvez trouver des osechi à 80000 Yens soit 700 Euros dans les sandanjû (boeuf de Kôbé, caviar, foie gras, et autres mets fins).

C’est le plat star puisque chaque plats ou mets placés dans les boîtes sont coordonnés les uns aux autres, goûts, signification et couleurs comprises. On retrouve : les mets mijotés ou nikomi 煮込み, les plats sucrés (kurikinton de châtaignes, kuromame), les plats sucrés-salés, les plats vinaigrés sumono 酢物, les plats oyako ou enfants parents (oeufs de poissons + le poisson en lui même), les plats grillés yakimono 焼き物 (tadzukuri, poulet keichan ou sauce teriyaki), fruits de mer, légumes et fruits (kinkan, sumomo…) …

Certains mets comme vous pouvez le lire ici ont des significations, d’autres pas vraiment.

La visite au temple local

Une fois dégusté vous pouvez songer à faire une sieste … ou direction de temple le plus proche pour chercher le mamori (gri-gri protecteur)  de cette année, l’autre ne marchant plus. Vous sonnerez les cloches puis frappez les mains pour appeler les esprits ou Buddha – perso je suis parfois pas sûr – et demander leur protection.

Voici un aperçu de mon coin de campagne l’hiver au temple Idakannon le 2 ou 3 Janvier.

temple kannon cloche
Un sacrée queue pour sonner les cloches…
templekannon
Le secret du bonheur japonais ? sonner les cloches et taper des mains
statues bouddhiques
Buddha et ses potes (et un petit bonhomme)
mont ontake volcan japon
Le Mont Ontake au loin qui a tué fin 2014. Oeuvre des esprits courroucés ?

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