one man punch mort

Game over ? Qu’est ce qu’on attend pour être heureux …

…. mis à part un chèque à la fin du mois ?
Bref Samedi 13/02 a donc eu lieu la confrontation tant attendu avec fils du boss, celui qui m’a engagé.

Tu ne le sais pas mais tu es déjà mort

Je prépare quand même notre entrevue en pointant :

  1. je ne fais absolument rien, mise à part mettre le site en anglais ce qui va me prendre … 2 jours (ou plus selon votre vitesse) est-ce que je vais avoir du boulot qui soit autre chose que d’aller à l’usine faute de tâches pour moi ?
  2. je veux bien essayer de me mélanger, de faire comme les japonais mais c’est marrant quand même cette impression de ségrégation. 0 invitation dans les réunions avec mon équipe, 0 invitation pour aller boire un coup …
  3. on perd pas le nord et je prépare une petite proposition de collabo sur un biz

Concrètement pour le point 2 je lui ai donné des exemples que je trouve pas normal français ou non, là n’est pas le souci. Par contre vu que je suis « différent » n’est ce pas la cause de cela (ie. dixit le « comment va-t-on faire quand tu vas rentrer dans ton pays ? ») ? Bref je balance « je ne pense pas que vos collaborateurs soient prêts à travailler avec des étrangers » : sous entendu sur un pied d’égalité ce qui implique de me mettre au courant des mœurs locales que je ne peux deviner ou inventer. « Règles de vie » comprises.

Confiant, je me pointe dans la salle de réunion. Et qui je vois ? Le manager, Buchô H ! wow wow le coup fatal

 

one man punch mort
c’est moi qui dit « na…..ni ? »

Le fils du patron me sort « j’ai demandé à ce qu’il vienne pour que je n’ai pas à lui transmettre notre conversation, ou qu’elle ne soit pas modifiée ». Bien joué mon vieux, mais je pense plutôt comme m’a dit ma femme « qu’il avait peur ». On se reprocherait quelque chose ?

Un peu perturbé je balance la sauce…

flip flop goutte d'eau qui fait déborder le vase
Beau flop

Derrière le fils du boss ne retient que ce qu’il intéresse :

  • A moi de m’adapter : OK mais sans connaître les règles implicites c’est pas facile (pas faute de les demander ces règles !)
  • A moi de plus communiquer : OK mais quand personne répond c’est pas facile
  • Pour lui y a pas de différence d’origine entre les employés : ah alors le manager qui me dis « quand est-ce que tu rentres en France ? »  il pensait que j’étais un japonais de France…

Bref jusqu’à maintenant si ça a foiré c’est ma faute. OK faut assumer.

Que retenir ?

Que cette entreprise (qui a d’ailleurs accueilli des stagiaires français par le passé – ie. le stagiaire n’est pas prévu pour rester donc c’est easy)  n’est pas représentative de l’entreprise japonaise. Tout comme en France il y a autant de façon de gérer sa boîte qu’il y a de patrons, c’est la même chose au Japon.

NE VOUS LAISSEZ JAMAIS CONTER « AU JAPON C’EST COMME CA »

Il y a des schémas communs, une culture commune que je respecte mais beaucoup d’entreprises ont des contrats de travail, autorisent les activités secondaires ou side business, donnent des vacances ou des congés paternité payés (6 mois à 60% c’est pas mal) … C’est comme partout même si certains vous feront croire par exemple que les employé ne travaillent pas malade par pureté morale (lol même avec la crève ils viennent, vu les salaires de misères) ou que le 商流 Shōryū (ou façon de faire du business) est incroyablement différente.

Oui c’est moins direct que si vous bossez avec un américain ou un finlandais (que j’admire) mais pas de secrets : écoute, politesse, être sympa et penser à l’autre avant de parler business (un petit légume du jardin etc).

J’avais déjà travaillé pour une boîte japonaise 5 ans auparavant, et c’était quand même relativement souple. Si je voulais je pouvais même regarder la CdM de foot à la TV en bossant. C’est extrême mais CA c’est la réalité et pas celle idéalisée par manager ou boss.

La suite ?

Je vais sûrement arrêté d’ici mi-Mars et me consacrer à travailler comme indépendant au Japon – dans un projet en lien avec la France. Cela m’aura donné 1 an et demi d’expérience quasi dans un environnement traditionnel, du produit jusque dans son fonctionnement un poil suranné.

Pour info, suite à démission, et si vous avez cotisé à l’assurance chômage 雇用保険 Koyō hoken , votre indemnité est versé après 3 mois, et pendant 3 mois.

Outre cela me donnera du temps pour mes enfants, mon potager, mon projet associatif, mon projet de développement local et d’autres activités annexes en attente. C’est juste que c’est quand même sympa d’être payé régulièrement !

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