salaryman japon travailler

Conflit générationnel suite

Bon mon épouse m’a dit que ce serait bien d’écrire ce qui vient de m’arriver en cette semaine de Noël. Vous vous rappelez que mon manager éprouvait des difficultés avec moi dans le précédent billet ?

Là on est arrivé à du grand art ! Bref, tout part encore une fois des congés et du contenu de mon travail : mon chef me demande :

  1. de décider avec mon épouse des jours de congés légaux, c’est-à-dire les jours de repos obligatoires, soit 106 jours en incluant le 1er Janvier – ce qui équivaut à tous les week-ends de l’année.
  2. d’écrire les propositions faites, ce que je voudrais faire et mes skills (le truc déjà discuté 3-4 fois)

Pour rappel j’ai été embauché pour aider le développement à l’international « BtoB », mais l’activité est encore 100% nationale et rien n’est envisagé dans l’immédiat – cela devait prendre « quelques mois ». Du coup j’ai été reversé dans la team « BtoC ».

Avec mon épouse nous nous claquons sur le calendrier que j’ai en ma possession (production et équipe commerciale), plus de congés dans la 1ère partie de l’année et moins de week-ends complets dans la seconde partie pour donner un coup de main.

Je note ce que je souhaite faire dans l’équipe de développement BtoC, à savoir 1/ améliorer la partie e-commerce, qui pourrait être bien mieux notamment sur le référencement naturel car rien n’a été fait; et 2/ mettre en place une sorte de wiki interne pour avoir des traces écrites et des références pour les nouveaux comme moi (sources de petits soucis au départ). Par ailleurs je lui assure me tenir à leur disposition pour donner un coup de main dans le Système d’Information, le marketing, l’établissement de reporting ou le contrôle des coûts … Les trucs que j’ai touchés, de près ou de loin (tout s’apprend avec la pratique), tout au long de mon parcours varié.

Je rends les 2 feuilles et direct convoqué pour une discussion assez surréaliste.

« c’est pas possible de prendre 3 jours de congés à la suite ! « 

« comment je vais faire pour expliquer aux autres que toi tu prends tes week-ends et pas eux ? »

« tu sais que les équipes du magasin ou de la vente par correspondance font un roulement et travaillent le dimanche »

« et tu penses aux mères célibataires qui elles aussi voudraient bien avoir leur jour de repos quand leurs enfants ne sont pas à l’école ? »

Donc en gros il me demande de répartir les congés mais il est pas content de la répartition ?

Derrière il me dit par rapport au contenu de mon travail :

« il n’y a pas grand chose que tu puisses faire. Tu ne comprends pas le japonais à 100% donc tu ne peux pas répondre au téléphone n’est-ce pas ? »

« ton salaire ne correspond pas à ton travail. Regarde ceux qui travaillent à l’usine ils doivent gagner 2 fois moins que temps… Enfin ceux à temps partiel saisonnier. »

Je lui pose quand même la question « avez-vous compris ce que j’ai écrit sur la liste ? » « pas tout non ».

En gros il s’est créé son contenu (le budget n’existait pas avant), il est bien payé (le pote du patron ndlr), ne prend jamais de congé (quasi 7/7j)  parce qu’il aime bosser (il a aucun loisir, ses enfants son grand) et il me reproche de vouloir m’occuper de mes enfants, d’être trop payé … La perception de la qualité et de l’efficacité est également un chouilla différent, je le soupçonne d’être quelque part encore sur le schéma « longues heures = bon employé ».

note : mon salaire est de 290 000 Yens, avant paiement des cotisations, inclue le bonus réparti sur 12 mois soit un salaire réel hors bonus d’environ 217 500 Yens soit un salaire de ministre de 1600 euros avant cotisations (grosso modo 1300).

Qu’est-ce que le bonus ?

Le bonus ボーナス ou 賞与  shôyo est en général hors salaire : l’entreprise ne paie pas de cotisation dessus. Le bonus est en général réparti au Japon sur été et hiver, mais il n’est pas rare que cela soit une fois dans l’année. Il n’est pas obligatoire : si l’entreprise ne veut pas payer cette année de bonus, elle en a parfaitement le droit. En général il est lié au résultat (si bénéfices, il sort).

Si vous cherchez du boulot au Japon en tant que salaryman, regardez bien ce point et demandez toujours ce que serait le salaire hors bonus si ce dernier y est intégré comme c’est mon cas.

Dans l’entreprise précédente où j’ai bossé au Japon il y a 5 ans, le bonus faisait tripler le salaire annuel (de 20 k€ à 60 k€).

Dans la rémunération, en hors salaire, rentre aussi le panier repas, les frais de transport, les aides pour enfants … Tout cela n’est pas obligatoire et permet, comme ce fut le cas en 2009, de réduire facilement la voilure sans virer personne.

En outre, l’entreprise se charge de faire les démarches pour les déclarations de fin d’année aux impôts et autres organismes comme la sécurité sociale japonaise.

 

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